On peut tout faire avec son téléphone, même ses courses. Balbutiant en Europe, à l’exception des contenus numériques, c’est au japon que le commerce à partir des téléphones mobiles (m-commerce) est le plus évolué.

Surfer sur Internet, écouter de la musique, regarder des photos et maintenant acheter une paire de baskets dans une galerie virtuelle : c’est à se demander si le téléphone mobile sert encore à téléphoner ! Annoncé depuis longtemps comme un gisement de business prometteur, le commerce sur téléphone mobile ou m-commerce tarde cependant à décoller. En Europe, en dehors du marché des contenus numériques : sonneries, logos ou jeux, qui s’est élevé à 2,4 Mds € en 2004 selon Jupiter Research et devrait atteindre 9,1 Mds € en 2010, les autres marchés ont du mal à se faire une place sur les écrans de nos téléphones.
Pourtant les consommateurs voient plutôt d’un bon œil l’arrivée de ce type de services. Une récente étude sur l’usage de l’Internet mobile en France a conclu que 39 % des « mobinautes » français seraient intéressés par le fait d’acheter directement des produits depuis leur téléphone portable. Parmi les sites qu’ils aimeraient avoir dans leur mobile, les sites de voyage sont les plus plébiscités (à 62 %), suivis par la vente à distance (57 %) et les sites de marques de vêtements et de chaussures (54 %).
Le Japon en avance
Comme souvent, c’est vers le Japon qu’il faut se tourner pour entrevoir de quoi demain pourrait être fait en matière de m-commerce. En 2005, le chiffre d’affaires du commerce via un téléphone mobile a crû de 60 % à 2,7 Mds € dans l’archipel. En 2006, selon le ministère des affaires intérieures, il devrait atteindre 3,37 Mds €. Parmi les contenus numériques, le téléchargement des sonneries de qualité CD, appellées là -bas chaku-uta, a progressé de 180 % avec 380 M€ de ventes. Depuis 2004, on assiste également à la naissance d’un nouveau marché, le téléchargement de morceaux musicaux complets, le portable faisant alors fonction de lecteur MP3. Ce marché est passé de 1,36 million à 67 millions d’euros en 2005. Plus de 800 sites de téléchargement sont disponibles pour les 90 millions de Japonais possesseurs d’un téléphone portable, souvent utilisé pour tuer le temps dans les longs trajets entre le domicile, le bureau ou l’école. Le plus important de ces sites est géré par le groupement d’une vingtaine des plus grosses maisons de production japonaises.
Les jeux vidéo sur mobile continuent eux aussi leur progression (43 % en 2005). Le commerce sur mobile est aussi très bien orienté avec 57 % de croissance. La vente à distance se taille la part du lion de cette progression avec notamment les supermarchés virtuels, dont Rakuten constitue le meilleur exemple de réussite. Dans cette galerie marchande en ligne, accessible depuis son portable, le consommateur japonais peut acheter aussi bien un kimono que la dernière paire de basket branchée, des spécialités régionales, des contrats d’assurance ou des offres immobilières. La galerie regroupe plus de 10 000 boutiques et son fondateur, Mikitani Hiroshi, est devenu le 2ème plus gros contribuable du pays. Une réussite qui a donné des idées. Ainsi le navigateur français pour téléphones portables Cartago vient d’annoncer la création d’une galerie marchande sur mobiles où le consommateur pourra effectuer l’intégralité de la transaction, du choix du produit à son paiement. D’ici à la fin de l’année, les responsables du portail espèrent attirer 25 partenaires, avec notamment la présence d’enseignes comme les 3 Suisses, Ikea, Ooshop ou Cyrillus.
Autre innovation à suivre, les Mobile Tag, des codes barre que l’on peut scanner avec un téléphone portable équipé d’un appareil photo. N’oubliez pas de glisser un code barre Mobile Tag dans la page magazine de votre prochaine collection. Le lecteur intéressé pourra alors l’avaler dans son mobile et accéder à votre boutique en ligne pour acheter votre dernier modèle depuis son portable. Simple comme un coup de fil, cette innovation est elle aussi made in Japan. Appelés QR Tag dans l’archipel, ils se sont imposés depuis un an dans les journaux et les magazines comme le moyen le plus utilisé pour accéder à un complément d’information sur un article ou un produit.
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