Les paradis fiscaux ne sont pas toujours où l'on croit! Et le courage politique peut se rencontrer partout… En l'occurrence dans la mise au point claire, nette et précise effectuée par Jean-Claude Junker, Premier ministre luxembourgeois avant la garden party des grands de ce monde (dite G20) qui s'est tenue à Londres le 2 avril. Ayant du se sentir un peu trop souvent montré du doigt et jeté tout cru par un certain nombre de ses pairs (dont le Grand Nicoco) à la vindicte populaire qui réclame son lot de têtes de turc à découper tout vif en ces temps de crise généralisée, JCJ s'est fendu d'un petit communiqué bien senti avant le G20 où son misérable confetti bancaire n'était naturellement pas invité. A lire et à faire circuler… Personnellement, je ne m'en lasse pas !
Paradis fiscaux: Juncker accuse les Etats-Unis avant le G20
BRUXELLES - Le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, dont le pays a été durement mis en cause dans l'offensive contre les paradis fiscaux en vue du sommet du G20, a contre-attaqué mardi en demandant qu'on s'en prenne aussi aux Etats-Unis dans ce domaine.
"Je voudrais que des courageux en Europe, ceux qui ont beaucoup insisté pour que les trois pays membres de l'UE pratiquant le secret bancaire (la Belgique, le Luxembourg et l'Autriche, ndlr) l'abandonnent, fassent preuve du même courage à l'égard des Etats-Unis", a lancé M. Juncker, lors d'une audition devant la commission des Affaires économiques du Parlement européen. Il faisait ainsi allusion à l'Allemagne et à la France, deux pays ayant mené la fronde contre les pays européens aux politiques fiscales très avantageuses, à commencer par le Luxembourg, en les menaçant d'être inscrits sur une liste noire de paradis fiscaux, et du même coup mis au ban de la communauté internationale lors du G20, au cas où ils ne modifieraient pas leurs pratiques. "Le G20 est une entreprise sans crédibilité aucune si sur la liste dite +noire+ (des paradis fiscaux), il n'y a pas le Delaware, il n'y a pas le Wyoming, il n'y a pas le Névada, plus des iles plus éloignées des États-Unis que les États que je viens de citer", a argumenté M. Juncker, qui est également président de l'Eurogroupe, le forum des ministres des Finances de la zone euro. "Si liste il doit y avoir, l'Amérique doit trouver sa bonne place", a-t-il insisté. En raison de sa fiscalité très faible, le Delaware est un Etat américain très prisé des sociétés off-shore, c'est-à -dire non résidentes. Elles y établissent leur siège social sans y exercer aucune activité et sans que ses dirigeants n'y soient pas domiciliés. Selon le site spécialisé "Paradisfiscaux.com", spécialisé dans les informations aux entreprises sur les pays à fiscalité réduite, le Delaware est un paradis fiscal, privilégié par les entreprises pour leur immatriculation. Aujourd'hui, plus de la moitié des 500 plus grosses fortunes et 43% des sociétés cotées à la Bourse de New York sont domiciliées dans le Delaware, selon ce site. Il n'y a pas d'impôt sur les bénéfices, pas plus que l'obligation de tenir une comptabilité, mais chaque année les entreprises doivent s'acquitter du paiement d'un impôt forfaitaire très limité. "Je n'entends aucun Premier ministre à part moi (...) évoquer ce problème", a accusé M. Juncker mardi, en demandant que le chef du gouvernement britannique Gordon Brown, hôte du sommet du G20 de Londres, "dise (au président américain Barack) Obama de mettre un terme aux paradis fiscaux qui se trouvent sur le territoire américain". Plusieurs bastions du secret bancaire en Europe, l'Autriche, le Luxembourg et la Belgique dans l'UE, mais aussi le Liechtenstein ou la Suisse, ont annoncé récemment des mesures visant à assouplir leur secret bancaire, sous la menace d'être inscrits sur une "liste noire" des juridictions non coopératives, établie à l'occasion du sommet du G20 jeudi. Ce sommet doit se pencher sur la question des paradis fiscaux et sur les moyens de renforcer la transparence du système financier international.
(©AFP / 31 mars 2009 16h34)
BRUXELLES - Le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, dont le pays a été durement mis en cause dans l'offensive contre les paradis fiscaux en vue du sommet du G20, a contre-attaqué mardi en demandant qu'on s'en prenne aussi aux Etats-Unis dans ce domaine.
"Je voudrais que des courageux en Europe, ceux qui ont beaucoup insisté pour que les trois pays membres de l'UE pratiquant le secret bancaire (la Belgique, le Luxembourg et l'Autriche, ndlr) l'abandonnent, fassent preuve du même courage à l'égard des Etats-Unis", a lancé M. Juncker, lors d'une audition devant la commission des Affaires économiques du Parlement européen. Il faisait ainsi allusion à l'Allemagne et à la France, deux pays ayant mené la fronde contre les pays européens aux politiques fiscales très avantageuses, à commencer par le Luxembourg, en les menaçant d'être inscrits sur une liste noire de paradis fiscaux, et du même coup mis au ban de la communauté internationale lors du G20, au cas où ils ne modifieraient pas leurs pratiques. "Le G20 est une entreprise sans crédibilité aucune si sur la liste dite +noire+ (des paradis fiscaux), il n'y a pas le Delaware, il n'y a pas le Wyoming, il n'y a pas le Névada, plus des iles plus éloignées des États-Unis que les États que je viens de citer", a argumenté M. Juncker, qui est également président de l'Eurogroupe, le forum des ministres des Finances de la zone euro. "Si liste il doit y avoir, l'Amérique doit trouver sa bonne place", a-t-il insisté. En raison de sa fiscalité très faible, le Delaware est un Etat américain très prisé des sociétés off-shore, c'est-à -dire non résidentes. Elles y établissent leur siège social sans y exercer aucune activité et sans que ses dirigeants n'y soient pas domiciliés. Selon le site spécialisé "Paradisfiscaux.com", spécialisé dans les informations aux entreprises sur les pays à fiscalité réduite, le Delaware est un paradis fiscal, privilégié par les entreprises pour leur immatriculation. Aujourd'hui, plus de la moitié des 500 plus grosses fortunes et 43% des sociétés cotées à la Bourse de New York sont domiciliées dans le Delaware, selon ce site. Il n'y a pas d'impôt sur les bénéfices, pas plus que l'obligation de tenir une comptabilité, mais chaque année les entreprises doivent s'acquitter du paiement d'un impôt forfaitaire très limité. "Je n'entends aucun Premier ministre à part moi (...) évoquer ce problème", a accusé M. Juncker mardi, en demandant que le chef du gouvernement britannique Gordon Brown, hôte du sommet du G20 de Londres, "dise (au président américain Barack) Obama de mettre un terme aux paradis fiscaux qui se trouvent sur le territoire américain". Plusieurs bastions du secret bancaire en Europe, l'Autriche, le Luxembourg et la Belgique dans l'UE, mais aussi le Liechtenstein ou la Suisse, ont annoncé récemment des mesures visant à assouplir leur secret bancaire, sous la menace d'être inscrits sur une "liste noire" des juridictions non coopératives, établie à l'occasion du sommet du G20 jeudi. Ce sommet doit se pencher sur la question des paradis fiscaux et sur les moyens de renforcer la transparence du système financier international.
(©AFP / 31 mars 2009 16h34)
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