Deux étudiants des Arts Déco de Strabourg ont roulé Paris Match dans la farine à l'occasion du prix 2009 du photoreportage étudiant. Leur reportage, baptisé “Etudiants tendance précaire”, s'est vu attribuer le grand prix du concours qui a donc été remis jeudi dernier à la Sorbonne à Guillaume Chauvin et Rémi Hubert. Publié le 25 juin dans l'hebdomadaire aux photos “chocs” et aux mots qui font le “poids”, le reportage décrit la situation particulièrement tragique d'étudiants qui en sont réduits à devoir se prostituer, vivre dans des squats, travailler la nuit pour 50 € ou faire les poubelles pour s'en sortir. Les images en noir et blanc sont accompagnées de légendes qui ne font pas dans la nuance : “Pour pouvoir étudier le jour, je me sers de mon cul la nuit”. Un ton et un style bien dans la veine de Match. Seul petit souci, tout est bidon… Les clichés sont des mises en scène réalisées avec des copains et l'aval de leurs professeurs. Sens de la démarche : “mettre en question les rouages d'un discours médiatique qui a pour ingrédients la complaisance et le voyeurisme dans la représentation de la détresse”. A l'annonce de leur victoire, les étudiant ont dévoilé la supercherie et lu un texte pour donner le sens de leur action dans le silence gêné qu'on imagine… “Le jury faisait un peu la tête, mais on nous a remis le chèque comme si de rien n'était” a raconté l'un des deux étudiants au Monde…
Un flottement qui n'aura pas duré très longtemps ; dès le lendemain, la direction du magazine se ressaisit et retrouve ses esprits : Paris Match décide d'annuler le Grand Prix, trouvant sans doute la farce un peu amère et le rôle du dindon peu à son goût. Le communiqué qui explique cette décision vient personnellement de me tirer quelques larmes, je cite : “La « mise en scène photographique » qu’ils (les étudiants) avouent avoir faite à l’insu des organisateurs, lors de la remise des prix en public, pour illustrer avec « des personnages fictifs » la réalité des difficultés que connaissent aujourd’hui certains étudiants, les éloigne du règlement du Grand Prix Paris Match du Photoreportage Etudiant (article 7) et de la philosophie que défend le magazine depuis 60 ans.” qui est, comme chacun le sait, de ne jamais tomber dans le racoleur et le sensationnalisme…
Les deux étudiants peuvent dire adieu à leurs 5 000 €. Ils se consoleront en savourant la réussite de leur intervention. Guillaume Chauvin et Rémi Hubert souhaitent travailler dans le photojournalisme et gardent espoir : “on s'est grillés. Mais d'autres seront sensibles à notre démarchent”. Oui, moi, par exemple.
En plus, leurs photos sont belles…





Les deux étudiants peuvent dire adieu à leurs 5 000 €. Ils se consoleront en savourant la réussite de leur intervention. Guillaume Chauvin et Rémi Hubert souhaitent travailler dans le photojournalisme et gardent espoir : “on s'est grillés. Mais d'autres seront sensibles à notre démarchent”. Oui, moi, par exemple.
En plus, leurs photos sont belles…





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