Un flottement qui n'aura pas duré très longtemps ; dès le lendemain, la direction du magazine se ressaisit et retrouve ses esprits : Paris Match décide d'annuler le Grand Prix, trouvant sans doute la farce un peu amère et le rôle du dindon peu à son goût. Le communiqué qui explique cette décision vient personnellement de me tirer quelques larmes, je cite : “La « mise en scène photographique » qu’ils (les étudiants) avouent avoir faite à l’insu des organisateurs, lors de la remise des prix en public, pour illustrer avec « des personnages fictifs » la réalité des difficultés que connaissent aujourd’hui certains étudiants, les éloigne du règlement du Grand Prix Paris Match du Photoreportage Etudiant (article 7) et de la philosophie que défend le magazine depuis 60 ans.” qui est, comme chacun le sait, de ne jamais tomber dans le racoleur et le sensationnalisme…
Les deux étudiants peuvent dire adieu à leurs 5 000 €. Ils se consoleront en savourant la réussite de leur intervention. Guillaume Chauvin et Rémi Hubert souhaitent travailler dans le photojournalisme et gardent espoir : “on s'est grillés. Mais d'autres seront sensibles à notre démarchent”. Oui, moi, par exemple.

En plus, leurs photos sont belles…